Espace pédagogique de la vidéo

Sommaire

1. De la création de l’accessibilité à l’application de l’accessibilité.
Définition de l’accessibilité
Que veut dire cette définition d’un point de vue utilisateur ?
Qu’est-ce que cela veut dire d’un point de vue pratique ?
Dans la formation, comment ne pas passer à coté ?
Pour aller plus loin

2. De l’accessibilité du web à l’accessibilité de la vidéo.
Définition de l’accessibilité numérique
Que veut dire cette définition pour l’utilisateur de vidéos ?
En pratique, qu’est-ce que cela veut dire ?
Pour aller plus loin

3. De l’accessibilité de la vidéo à l’intégration du sous-titrage.
La vidéo avec la balise HTML
Testons pour comprendre

1. De la création de l’accessibilité à l’application de l’accessibilité

Définition

L’accessibilité est définie par David CAUBEL comme étant la capacité d’atteindre les biens, les services ou les activités désirés par un individu.

Dans le cadre d’une étude sur les systèmes de transport, L’Hostis et Conesa (2008) proposent de définir l’accessibilité comme la possibilité d’atteindre un lieu dans le but d’y effectuer une activité.

Cette deuxième définition, généralisable à l’ensemble des domaines, permet d’envisager l’évaluation de l’accessibilité en termes de mesure pour rendre compte de la plus ou moins grande facilité avec laquelle on atteint un lieu et pour rendre compte de la plus ou moins grande facilité avec laquelle on réalise une activité.

Sur cette définition, le concept d’accessibilité s’applique à :

  • l’espace (plus ou moins grande facilité à se déplacer) ;
  • l’éducation (plus ou moins grande facilité à se former) ;
  • la culture (plus ou moins grande facilité à se cultiver) ;
  • l’emploi (plus ou moins grande facilité à travailler) ;
  • la santé (plus ou moins grande facilité à se soigner) ;
  • les actes citoyens (plus ou moins grande facilité à s’investir dans la cité) ;
  • le numérique (plus ou moins grande facilité à se connecter et à agir).

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Que veut dire cette définition d’un point de vue utilisateur ?

Souvent relié à la notion de handicap, le concept d’accessibilité rayonne bien au-delà, offrant à chacun la capacité à penser tout un environnement.

Prenons un exemple.

Pour se rendre dans son établissement scolaire, une jeune personne doit prendre son vélo. Il est alors possible de poser son regard sur le jeune et de remettre en question sa capacité à faire du vélo. Mais, il sait faire du vélo. Regardons le vélo … il peut rouler ! Arrêtons-nous là le questionnement en affirmant que cet adolescent peut se rendre dans son établissement scolaire en vélo ? Ce serait dangereux et limitatif. En effet, il est possible que l’environnement ne soit pas adapté à la pratique cycliste. Il est possible que les routes soient très empruntées, que la circulation soit très dense et que les pistes cyclables soient absentes.

Dans ce cas, la possibilité d’atteindre le lieu pour y effectuer une activité est compromise. Cet empêchement ne relève pas de l’individu ou de sa motivation, mais de l’environnement qui n’est pas conçu pour que les personnes (jeunes et moins jeunes) puissent circuler en vélo.

D’un point de vue utilisateur, le concept d’accessibilité véhicule deux sens complémentaires : d’une part, la possibilité d’accéder et d’autres part, l’égal accès. Tout le monde est donc concerné par les questions d’accès à un lieu ou à un contenu y compris les personnes en situation de handicap.

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Qu’est-ce que cela veut dire d’un point de vue pratique ?

Nous avons vu que d’un point de vue utilisateur, l’accessibilité faisait résonner la possibilité d’accès de manière égalitaire.

Qu’est-ce que cela veut dire ? Pour commencer, regardons les termes « équité » et « égalité », car si ces deux concepts sont liés, ils comportent néanmoins d’importantes distinctions.

L’équité repose sur la volonté de comprendre les individus et de leur proposer ce dont ils ont besoin pour parvenir à réaliser une activée ou être bien dans leur vie. L’égalité, quant à elle, se fonde sur la volonté d’offrir la même chose à tout le monde pour que chacun puisse réaliser une activité ou être bien dans sa vie. Équité et égalité visent à promouvoir la justice, mais l’égalité ne peut être atteinte que si tout le monde part du même point de départ avec les mêmes besoins.

Prenons un exemple : le séjour de ski avec un groupe d’enfants.

Le concept d’égalité nous amène à accorder le même traitement à tous les enfants, et donc  prévoir un équipement adapté pour chacun, c’est-à-dire une bonne paire de chaussures, des skis et des bâtons. En apparence, cela semble juste.

Par contre, tous les enfants n’ont pas tous les mêmes pieds. Proposer les derniers modèles avec un flex de 70 en 37 pour tous ne donne pas de bons résultats. Comparativement, les enfants chaussant du 35 ou du 40 risquent d’être très désavantagés. Par conséquent, la notion d’égalité – soit proposer les mêmes chaussures de qualité – ne donne pas de résultat juste.

Toutefois, le concept d’équité nous mènerait à prévoir une matinée pour permettre à chacun d’essayer les chaussures, de se tromper sur sa pointure, de déclarer avoir mal aux pieds ou d’être ravi au premier essai.  Dans un tel cas, un traitement différent ou individualisé produit des résultats plus justes que ne le ferait un traitement identique.

Ainsi, le temps consacré à la prise en charge des différences de pieds en amont, permet de passer un séjour agréable en réduisant le nombre de difficultés individuelles. Chacun jouissant d’une paire de chaussures à la bonne pointure, il est possible d’œuvrer à l’organisation de la pratique du ski (par groupe de niveau, par thème, par affinité, par âge …).

Le traitement équitable des différences individuelles permet d’envisager une pratique sportive égalitaire. Ainsi, l’équité est le moyen et l’égalité est le résultat.

En résumé, dans la pratique, une démarche qui vise à identifier au plus tôt les différences entre les personnes permet aux auteurs d’un projet, d’une action … de réagir en conséquence.

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Dans la formation, comment ne pas passer à coté ?

L’histoire de l’école égalitaire n’est pas née de ce jour, chaque siècle est venu inscrire une nouvelle donnée dans l’égalité de l’éducation. En 1882, la loi Ferry institue l’école obligatoire pour tous, gratuite sans distinction de sexe. En 1975, c’est la loi Haby qui instaure le collège pour tous, allongeant la scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans. Enfin, plus proche de nous la loi sur l’égalité des droits et des chances en 2005, met l’accent sur la diversité des publics accueillis. Le parcours à travers les siècles du système éducatif montre son attachement à l’égalité des chances.

Et pourtant, aujourd’hui, les enfants ont une plus ou moins grande facilité à :

  • accéder au baccalauréat : selon le MEN, un élève dont le père est enseignant a 14 fois plus de chance d’obtenir le baccalauréat qu’un élève dont le père est ouvrier qualifié
  • acquérir les compétences de base (rapport PISA)
  • être accueilli dans les classes en cas de handicap

Serait-ce un problème d’accessibilité ?

Le défi de notre siècle est d’utiliser l’équité comme moyen pour construire l’égalité à l’école et dans la formation tout au long de la vie. Des pédagogies telles que la pédagogie incluante, la pédagogie actualisante, la pédagogie universelle individualisent les parcours en intégrant la différence individuelle tant sur le plan cognitif que physique en différenciant les apprentissages (style et profil d’apprentissage, intelligence multiple, utilisation multimédia, apprentissage assisté par ordinateur…).

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Pour aller plus loin

L’école inclusive, Education pour tous (EPT)
Site de l’école inclusive
Action en faveur de l’école inclusive 
6 objectifs pour l’éducation pour tous 

Exemples de projets accessibles
Les sésames de l’accessibilité positive

Différentiation pédagogique : Équité – Égalité
Illustration équité/égalité

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2. De l’accessibilité du web à l’accessibilité de la vidéo.

Définition

 » Le web n’est qu’une partie du réel appliqué à l’informatique et les ambiguïtés dont est porteuse la notion d’accessibilité du Web se retrouve dans le monde physique. » Armony Altinier.

Inventeur de l’hypertexte, Tim Berners-Lee offre une invitation au voyage entre les mots, les pages ou les fichiers. Tim Berners-Lee est bien plus qu’un homme de science.

« Le web fait de plus en plus partie des droits de l’homme » .

Militant d’un Web unitaire et ouvert à tous, il crée le W3C (World Wide Web Consortium) que les adeptes d’un web accessible connaissent bien : des règles, des normes et une porte qui s’ouvre vers un objectif de coopération et de communication entre les personnes. Sa définition de l’accessibilité du Web est la suivante :

« Mettre le Web et ses services à la disposition de tous les individus, quel que soit leur matériel ou logiciel, leur infrastructure réseau, leur langue maternelle, leur culture, leur localisation géographique, ou leurs aptitudes physiques ou mentales. »

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 Que veut dire cette définition pour l’utilisateur de vidéos ?

Les vidéos sont des ressources riches. Elles facilitent l’accès au Web, à l’information ou la connaissance pour certains, mais elles représentent un obstacle supplémentaire pour d’autres.

Comme pour tous les contenus du Web, il est possible de mesurer la facilité d’accès aux contenus d’une vidéo.

Les critères qui permettent cette évaluation sont de deux types :

  • Fonctionnel : le contenu présente des images associées (ou pas) à du son qui se succèdent dans un ordre et sur un rythme déterminés.
  • Technique : le contenu est fourni au travers d’un composant couramment appelé lecteur ou player, et dans un format de codage des données dit « vidéo ».

Sur le plan fonctionnel, les utilisateurs de ces médias doivent avoir accès :

  • aux éléments visuels, c’est  dire les images, mais également les couleurs et les mises en forme.
  • aux éléments sonores, c’est-à-dire à l’élément purement sonore, mais également au sens  véhiculé par cet élément.

Sur le plan technique, les utilisateurs de ces médias doivent avoir accès :

  • aux éléments d’interface, c’est-à-dire les boutons de lecture, de pause, de réglage du son…
  • à la vidéo elle-même, c’est-à-dire qu’elle doit être en mesure de s’afficher correctement quel que soit le débit de la connexion, le navigateur utilisé ou la taille de l’écran (téléphone, tablette…).

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En pratique, qu’est-ce que cela veut dire ?

En résumé, 4 règles s’imposent.

  • Première règle : le média doit être contrôlable par l’utilisateur.
  • Deuxième règle : il faut écrire ce qui ne peut être entendu
  • Troisième règle : il faut décrire ce qui ne peut être vu
  • Quatrième règle : il faut vérifier la qualité des contrastes et la lisibilité.

En pratique, 6 habitudes sont à développer.

  • Première habitude : bannir l’intégration d’une vidéo en mode « lancement direct », car dans ce cas, la règle 1 ne peut pas s’appliquer.
  • Deuxième habitude : utiliser la touche « tab » pour vérifier l’accès à la ressource.
  • Troisième habitude : utiliser la touche « entrée » pour vérifier le contrôle de la ressource quand le focus (rectangle que vous voyez se déplacer quand vous tabulez) est arrivé sur le bouton que vous voulez actionner.
  • Quatrième habitude : intégrer des sous-titrages activables par l’utilisateur.
  • Cinquième habitude : fournir une description des messages importants qui sont inscrits dans la vidéo.
  • Sixième habitude : vérifier la lisibilité de la ressource.

Premières impressions  : vous pouvez partager votre ressenti en laissant un commentaire.

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Pour aller plus loin

Quelques clés pour comprendre l’accessibilité numérique
Accessibilité : handicap et Tic
Grille de correspondance des critères
Référentiel AccessiWeb

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3. De l’accessibilité de la vidéo à l’intégration du sous-titrage

Cette partie est proposée sous différentes formes (lien vers des sites, tests et échanges…). Elle est vouée à se modifier dans le temps et à évoluer en fonction des réponses que nous trouverons ensemble. 

L’objectif est de se confronter à des réalités liées à l’environnement. En effet, même avec un sous-titrage, une ressource sonorisée peut ne pas être accessible.

Autour de ces réalités, nous proposons d’échanger des solutions, des idées de génie, des questionnements ou tout simplement des paroles rassurantes sur la manière de faire dans différents environnements (blog pédagogique, plateforme d’enseignement, ressources numérisées…).

alphabet langue des signes pour le sigle HTML et chiffre 5La vidéo avec la balise HTML5

Avant les balises HTML 5 dédiées à l’intégration des médias, il était souvent nécessaire de faire appel à des conteneurs lourds (Flash). Maintenant, avec la balise <video>, il est possible d’afficher du contenu audio et vidéo.

Pour comprendre la démarche, nous vous conseillons le tutoriel réalisé par l’association Zeste de Savoirs. Il a une démarche claire, pas à pas.

Pour consulter le tutoriel, cliquez sur les balises audio et vidéo en HTML5.

un cadre réalisé avec les mainsTestons pour comprendre

Voici une des ressources de la formation sur le sous-titrage. Elle est intégrée à partir de la balise <video> et le sous-titrage est diffusé à partir de la balise <track>.

Échanges : À partir des règles déduites de la définition sur l’accessibilité de la vidéo, que peut-on dire de l’accessibilité de cette ressources ? Peut-on améliorer son intégration ? De quelle manière ? Les solutions proposées fonctionnent-elles dans les environnements d’apprentissage de type LMS ? …

Au fil de vos commentaires, les propositions seront rajoutées dans un nouveau chapitre « Solutions d’intégration de vidéos accessibles dans les environnements d’apprentissage en ligne ».

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2 réflexions au sujet de « Espace pédagogique de la vidéo »

  1. Merci pour cette page très fournie. J’ai fait pleins d’essais et j’arrive bien à mettre les balises HTML5 avec le sous-titrage.
    Par contre, j’ai tenté d’intégrer une vidéo avec son sous-titrage dans une plateforme qui s’appelle Moodle et je n’ai pas réussi de cette manière. Pouvez-vous me dire pourquoi ? Merci encore.

    1. Bonjour,
      Les plateformes évoluent petit à petit, et votre question est très intéressante.Quelle est la version du Moodle que vous utilisez ?

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