Atelier de sous-titrage

Tim Berners-Lee est souvent qualifié de scientifique de génie. Inventeur de l’hypertexte, il offre une invitation au voyage entre les mots, les pages ou les fichiers. Tim Berners-Lee est bien plus qu’un homme de sciences.

« Le web fait de plus en plus partie des droits de l’homme  » .

Militant d’un Web unitaire et ouvert à tous, il crée le W3C (World Wide Web Consortium) que les adeptes d’un web accessible connaissent bien : des règles, des normes et une porte qui s’ouvre vers un objectif de coopération et de communication entre les personnes. La formation s’est inscrite dans ce mouvement. Un élan innovant de diffusion des savoirs sur un mode favorable au rapprochement. Là où Tim Berners-Lee déclarait « L’accès à l’information et à la communication est un droit universel », les états inscrivent un droit à la formation pour tous. « Parce que l’humanité, ici, c’est toi et moi » – Samuel Beckett.

Un atelier d’apprentissage collaboratif du sous-titrage. Pourquoi ?

AcCible interroge les objets au travers des yeux de l’autre. Que peut faire et que ne peut pas faire un individu qui se connecte pour apprendre ? Faire vivre les valeurs d’une pédagogie englobante, flexible, précise, universelle et mobilisatrice, telle est la démarche des acteurs d’AcCible. Webconférences, MOOC, capsules, postcasts… la vidéo est devenue un média incontournable en formation. Ainsi, la formation évolue dans des modalités de plus en plus créatrices de rapprochement, d’apprentissage collaboratif et vicariant. Cette migration des ressources en ligne génère de nouveaux formats (hangout, classe virtuelle, monde immersif) qui n’ont jamais été observés en termes d’accès à la formation par le sous-titrage. C’est sur l’intention d’offrir une méthodologie croisant la diversité des regards et des cultures que des individus se regroupent, co-produisent et échangent en langue orale ou en langue des signes.

Un croisement des regards. Dans quel but ?

Notre questionnement a balayé hypothèses et contre-hypothèses puis a choisi de partir du postulat suivant : Puisque le sous-titrage est une activité chronophage et pénible pour le corps, il faut requérir les méthodes, les outils, les techniques ou les bidouilles aptes à provoquer un mieux être dans cette activité en générant une réduction des gestes sur les activités de transcription et de sous-titrage. Pour ce faire, il faut faire appel à l’expérience des personnes subissant les désavantages de cette activité afin d’améliorer les techniques ou les pratiques et prendre comme référence les compétences de personnes devenues expertes par leur expériences de vie. Le fruit de ce travail coopératif doit être partagé et vulgarisé avec le plus le grand nombre dans une modalité propre à l’esprit du Web 2.0.

Deux temps forts.

Deux temps forts pour une plongée intensive dans les rouages du sous-titrage :

  • samedi 14 décembre 2013, en classe virtuelle
  • samedi 25 janvier 2014 en atelier au Numa à Paris.

Le 14 décembre 2013, 23 personnes se réunissent en visioconférence pour partager un projet : apprendre ensemble à sous-titrer les supports vidéos dans l’objectif de produire un mode d’emploi facilitant cette tâche et à destination des acteurs de la production de formation sous format en ligne. A partir de cette rencontre virtuelle, chacun va œuvrer individuellement ou collectivement sur la première étape nécessaire au sous titrage : la transcription. De cette expérience naîtront des échanges, des questions : un premier matériel à explorer et à exploiter lors de la rencontre parisienne.

Le 25 janvier 2014, le sourire de Maud nous accueille au cœur de Numa. La journée s’organise dans un esprit de lieu ouvert où est mis à disposition de chacun, un matériel varié, générateur d’apprentissage des méthodes de sous-titrage de vidéos à visée formative.

Plusieurs rencontres sont proposées aux participants :

  • un rendez- vous avec les premières compétences liées au sous-titrage ;
  • un tête à tête entre la transcription et le logiciel open-source ;
  • une entrevue dans la prise en main du logiciel ;
  • une causerie et une mise en articulation des différents besoins et ressentis générés par la pratique du sous-titrage.

Claire Garguier, médiatrice à la Cité des Sciences et de l’Industrie, membre actif de la communauté sourde, nous rejoint pour nous guider dans nos interrogations, pour partager son expertise du sous-titrage, pour nous éclairer sur les besoins de sa communauté, pour éveiller notre vigilance. Ses mains narrent ce que nos yeux n’entendent plus et sa bienveillance éduquent nos petits doigts dans la réalisation de cette tâche et le bien-apprendre dans le besoin de sous-titrage.

Et demain ?

En tant qu’artisans de la formation, artistes de l’éducation, ouvriers de l’apprendre ou bidouilleurs de génie, nous voulons sous-titrer nos supports formatifs en format vidéo pour :

  • favoriser l’utilisation de ce type de support quelque soit les conditions sonores, environnementales dans lequel se trouve la personne apprenante,
  • capter l’attention et maintenir la concentration des public qui ont besoin de cette modalité,
  • limiter les contraintes et ouvrir vos formations.

Nous souhaitons rédiger un mode opératoire pédagogique regroupant tous nos acquis, diffusable, réutilisable et ouvert. Nous voulons construire un espace d’endraide au sous-titrage permettant le sous-titrage des vidéos en langue des signes ou en langues orales. Nous espérons poursuivre nos recherches sur les bénéfices en étudiant la mise en place de polices « dys » dans les sous-titrages.

Et demain ? Peut-être avec vous … Vous pouvez participer à l’aventure en nous laissant un message.